31 mars 2008
MR 73
Avant l'accident, Louis Schneider était un bon flic, Commandant au SRPJ de Marseille, excellents états de service. C'est, entre autre, lui qui avait fait arrêter le tueur Subra... Subra était entré un jour chez les parents de Justine, une gamine de 5 ans... Il avait commencé par égorger le père puis il avait violé et massacré la mère... Joli passé Subra, condamné pour attouchement sur mineure, viol, meurtre, un beau curriculum... Et maintenant, il comparait devant la commission d'application des peines pour demander une remise en liberté pour bonne conduite... C'est en voyant ça qu'on se dit que l'idée du ministère de la justice de rétention de sûreté n'est pas idiote...
Faut dire que Subra fait le beau, il fait croire à tout le monde qu'il a trouvé la voie divine et que le seigneur est désormais son seul guide... Mais vingt ans après les faits, Justine ne croit pas à son beau discours, elle sait que le bonhomme n'a pas changé, on ne change pas un monstre...
Un jour Schneider a eu un très grave accident de la route, lui s'en est sorti mais sa fille est décédée sur le coup et sa femme s'est retrouvé dans un état végétatif irréversible, hôpital pour le restant de ses jours... Alors Schneider s'est mis à boire, beaucoup boire, beaucoup trop, c'est devenu un alcoolique dépendant, même plus l'ombre de ce qu'il avait été du temps de sa gloire...
Aujourd'hui, Louis Schneider est une épave qui ne sait plus très bien ce qu'il fait. Il va même jusqu'à détourner un bus juste pour rentrer chez lui avec 3.5 g d'alcool dans le sang... Il fait absolument n'importe quoi. D'accord, sa chef le couvre, mais pour combien de temps...
En ce moment, lui et son coéquipier Matéo sont sur une affaire de tueur en série, un cinglé qui viole et tue des femmes de manière excessivement violente... les pistes sont minces et les cadavres s'accumulent... l'état major veut des résultats rapides...
Et il y a aussi cet enfoiré de Kovalsky, le rival, un ripou qui ne vaut pas la corde pour le pendre, un fumier prêt à tout pour prendre la place de Schneider, y compris s'il le faut à se taper la patronne...
Kowalski est en affaire avec Jumbo, un flic de la scientifique, le mec qui fait les premières constatations avec appareil photo à la main... et qui en profite pour piquer les bijoux des victimes et les fourguer à Kowalski et à ses sbires...
Comme Schneider déteste les ripoux et que sa vie désormais se résume à picoler et à se donner entièrement à son boulot, boulot de merde qui l'a détruit d'une certaine façon il va mener l'enquête à sa façon et déraper plusieurs fois ne s'épargnant pas les sanctions disciplinaires... muté au groupe nuit il va continuer l'enquête avec Mateo mais cette fois en sous-marin... Jumbo le balance à Kowalski et commence alors pour lui une descente aux enfers...
Mis a pied, Schneider commence une croisade avec Mateo, son seul ami, pour arrêter le tueur en série qui sévit à Marseille. Il va encore se heurter à ses supérieurs ainsi qu'a l'IGPN qui vont lui mettre des bâtons dans les roues, le tueur serait-il protégé ?
Et puis il y a Justine qui lui a raconté l'histoire de Subra, il se souvient qu'il a arrêté ce type dans le passé et comme Justine il ne croit pas une seconde à son repentir, il sait que Subra en sortant de taule ne voudra qu'une chose, terminer ce qu'il avait commencé et donc tuer Justine et sa soeur...
MR73 est le troisième film achèvant le triptyque d'Olivier Marchal sur les flics. Ces flics qui donnent tout pour leur boulot au point de négliger le reste. Ces flics qui consacrent leur vie à un métier qu'ils vénèrent pour finalement se rendre compte que tout le monde les lâche. Ces flics livrés à eux mêmes et complètement désabusés... Comme dans GANGSTERS et 36 QUAI DES ORFEVRES, l'atmosphère est pesante, réaliste au possible, terrifiante quand on sait que tout est basé sur des faits réels puisque raconté par un ancien flic lui même en proie aux mêmes démons et confronté quotidiennement à la réalité du terrain, l'ingratitude, les magouilles, les crasses entre services voire entre collègues... MR73 est donc un film dur, voire très dur... Le personnage principal est en déshérence totale, perd ses repères, trace une ligne droite d'errance jusqu'aux enfers...
La réalisation est, comme toujours avec Marchal, sans temps morts. On voit que le réalisateur sait de quoi il parle, que le sujet lui est connu. Ca sent le vécu, peut être Marchal lui même a-t-il eu l'occasion de croiser des gens comme son Louis Schneider, flic désabusé, lassé de tout, alcoolique au dernier degré... Toujours est-il que tout concorde à rendre le film des plus crédibles, comme les deux précédents.
Le Scénario laisse transpirer un espoir d'un optimisme béat... non c'est de l'Ironie... on est vraiment dans le noir total, pas d'espoir pour Schneider, pas vraiment d'issue. Comme je disais dans le résumé : une épave, une loque, l'ombre d'un flic autrefois brillant, plus grand chose à voir avec ce qu'il était avant...
L'idée de prendre comme titre le nom du flingue MR73 (Manhurin 1973, plus connu sous le nom de 357 magnum), pistolet mythique des forces de police notamment utilise par le GIGN et le raid, ne doit pas être innocente non plus. Non pas qu'il s'agisse d'un fétichisme de l'arme, plutôt pour vouloir dire qu'au bout d'un moment quand t'es flic, que tu as plus personne autour de toi, que tes supérieurs te lâchent comme une merde, il te reste plus qu'un seul ami, ton flingue...
Pour ce qui est de l'histoire de la petite Justine qui à échappé de Justesse à un tueur et que Louis Schneider retrouve 20 ans après, il s'agit ni plus ni moins d'une histoire vraie, réellement arrivée à Marchal lui même, c'était aussi pour donner un côté émotionnel au film, une sorte de manière de montrer que le métier de flic n'est pas toujours d'un noir d'encre mais peut parfois connaître des rayons de soleil...
Pour les acteurs, Marchal reprend des acteurs qui lui sont chers, Tout d'abord, crevant l'écran dans le rôle de Schneider, Daniel Auteuil, déjà inoubliable dans 36 et toujours aussi magistral dans ce rôle de flic alcoolique au bord du gouffre. A noter que Gérard Depardieu avait été pressenti pour le rôle, un rôle de type porté sur la bibine pour lui ç'aurait peut être été moins un rôle de composition que pour Daniel Auteuil.
A ses côtés, dans le rôle de Mateo, Marchal a repris Gérald Laroche qui jouait déjà Jensen, le flic désabusé dans Gangsters et qui campe, là encore, un flic désabusé, propriétaire du fameux MR73, cadeau de son grand père, flic aussi...
Pour jouer la patronne de Louis, Marchal a demandé à ... sa femme, Catherine Marchal... que l'on avait déjà vu aussi dans "36..." et dans "gangsters"...
Pour Kowalski, on retrouve Francis Renaud, le titi de "36..." qui avait aussi déjà joué dans "Gangsters", ici il est impeccable en lamentable salaud, ripou jusqu'à la moelle, fumier de base...
Autre minable, voleur de bas étage, pleutre malgré son gabarit et détrousseur de Cadavre, Jumbo est joué par Guy Lecluyse. Lui aussi était dans "36..." et même dans "Gangsters", on l'a aussi vu tout récemment (et on peut encore le voir d'ailleurs car le film fait un carton) dans le deuxième film de Danny Boon "BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS". Lecluyse c'est un gros bonhomme sympa qui a commencé dans le comique (la classe notamment...) pour devenir voix off de plusieurs émissions de télé (par exemple "qui est qui" ou "la cible") et faire de temps à autre l'acteur, à chaque fois admirablement bien même si dans MR73 il joue un personnage peu fréquentable...
Dans le rôle de la Jeune Justine, ou trouve Olivia Bonamy, magnifique dans ce rôle de petite fille qui a grandi sans ses parents enlevés à son affection par un tueur psychopathe qui doit aujourd'hui sortir de taule...
Et pour finir, dans le rôle du tueur psycopathe en question, on peut voir Philippe Nahon. Un abonné des seconds rôles depuis 1962 et "le doulos" ce qui ne rajeunit personne, déjà tueur psychopathe dans le film d'horreur d'Alexandre Aja "HAUTE TENSION" (2005)
Au niveau des décors, tout est fait pour rendre l'atmosphère pesante, beaucoup de scènes de nuit, sous la pluie ou dans des endroits lugubres comme par exemple l'appartement de Schneider où il vit en tête à tête avec sa bouteille de J&B... A ce propos, je tiens à émettre quand même une remarque, à un moment dans le film on le voit boire une bouteille de Jack Daniels au goulot, ça ne se fait pas, saperlipopette, le jack c'est avec des glaçons ou même sans glace mais dans un verre...
Pour résumer, comme je l'ai dit plus haut, MR73 est un film noir, peut être même le plus noir du triptyque de Marchal, c'est ce qui en fait un monument du genre Polar, ne ne voilons pas la face, j'ai préféré 36 Quai des orfèvres car le scénario était un peu plus retors et les personnages plus complexes, mais MR73 restera tout de même une référence du film policier, je ne peux donc que le conseiller, moins de 16 ans s'abstenir toutefois car les scènes de violences ne sont pas rares...
Note Réalisation : 9 / 10
Note Scénario : 8 / 10
Note Acteurs : 9 / 10
Note Décors :8 / 10
Note Suspense : 8 / 10
Moyenne : 8.5 / 10
18 mars 2008
Soyez Sympas, Rembobinez
Nous sommes à Passaïc, un quartier pauvre de la banlieue de New York, c'est là qu'est installé le petit vidéoclub de M. FLETCHER "Be Kind Rewind" (Soyez Sympas,Rembobinez, d'où le titre du film, personne ne s'en serait douté un instant).
A l'aire du DVD, Flechter ne loue que des cassettes, et en plus dans un vieil immeuble délabré promis à la destruction, n'y viennent que de rares habitués et les affaires ne vont pas fort...
M. Fletcher, à un fils adoptif, Mike, à qui il décide de confier la boutique pendant que lui même va prendre quelques jours de vacances, principalement pour aller espionner son plus gros concurrent "West Coast Videos"...
Avant de partir il inscrit sur la vitre du train "keep jerry out" (ne laisse pas Jerry entrer) mais comme Mike est très doué il lit à l'envers ce qui donne "peek yrrej tuo" traduit par "prend soin de la sirène" et il ne comprend pas qu'en fait son père adoptif lui demande de ne pas laisser entrer Jerry Gerber, son pote de toujours, indécrottable crétin, auteur des pires catastrophes qu'il soit possible d'imaginer...
Le Jerry en question habite dans un camping-car pourri dans une casse-auto, à deux mètres d'une centrale nucléaire et donc il est chargé en permanence en isotopes et en micro-ondes... Il décide un jour de saboter la centrale pour en finir avec les micro-ondes qui lui détruisent le cerveau et demande à Mike de l'aider...
Tout foire de manière lamentable et Jerry reçoit une puissante décharge qui le rend magnétique comme magnéto dans X MEN...
Comme il est idiot il se pointe au vidéo club de Mike pour se plaindre, et comme Mike est pas super malin non plus, il le laisse entrer...
Vous savez ce que ça fait un électro aimant surpuissant sur une bande vidéo ??? ça l'efface complètement !!!
En clair : voilà nos deux zozos gérants provisoires d'un videoclub dont toutes les cassettes sont effacées...
Alors Mike a une idée du tonnerre. Puisqu'ils n'ont plus de films à louer, il vont prendre une caméra vidéo et les refaire eux-mêmes, le premier qui a l'honneur d'être ainsi retourné est SOS FANTOMES, le résultat se passe de commentaires...
Et contre toute attente, ça marche, les habitués demandent des films bricolés à nos deux amateurs, Jerry trouve même un nom à leur productions, il appelle ça suéder les films et ainsi ils vont bricoler "rush hour 2", "Miss Daisy et son chauffeur" sans oublier un "robocop" inoubliable et d'autres dont je vous laisse la surprise...
C'est Michel Gondry qui est aux commandes de cette comédie totalement hallucinatoire. Michel Gondry est un bon français né à Versailles d'abord batteur du groupe "Oui, Oui", puis clipeur mondialement connu qui à travaillé avec Bjork, Kylie Minogue, les Rolling Stones, Radiohead, IAM, les Chemical Brothers et encore bien d'autres...
Il a ensuite donné dans la pub pour Levi's (on aime jamais trop Levi's) Gap ou encore Air France, puis il s'essaye au long métrage en 2001 avec Human Nature, une fable anthropologique avec Patricia Arquette et Tim Robins... Quand on sait que Tim Robins fut le professeur de comédie de Jack Black qui a le rôle de Jerry dans "Soyez Sympas Rembobinez", on se dit que le monde est petit...
Mais c'est surtout grâce à "Eternal Sunshine on a Spotless Mind" en 2004, film futuriste où il prend Jim Carrey et Kate Winstlet chacun totalement à contre emploi, qu'il se fait remarquer et entre dans la cour des grands...
En France, il tourne le remarquable et remarqué "la science des rêves" avec entre autres, Charlotte Gainsbourg, en 2006.
"Soyez Sympas..." est donc son 8ème long métrage, Gondry n'est pas un débutant et il à du se marrer comme un petit fou à faire un film totalement barré comme "soyez sympas", et puis entre nous je ne pense pas que celui là soit revenu excessivement cher aux producteurs... La réalisation est donc soignée et le scénario plus que correct même si l'idée de base est simple et même déjà vue puisque le sujet avait déjà été abordé dans un épisode d'une série américaine "the Amanda Show" mais là il ne s'agissait pas de faire une erreur et de la réparer avec les moyens du bord, il s'agissait de réelle malfaisance...
A noter que le concept des films "suédé" plait puisque sur le site officiel http://www.bekindmovie.com/, à ne surtout pas rater pour la version suédée d'internet, vous pourrez trouver le lien vers un groupe de Dailymotion consacré au film avec un concours du film suédé, et le plus marrant c'est qu'au jour ou je vous parle il existe déjà plus de 250 vidéos disponibles.
Au niveau des acteurs, pour Mike, on trouve le chanteur Noir Américain Mos Def, qu'on a également vu dans pas mal de séries américaines et qui était à l'affiche d'un précédent film de Michel Gondry (Block Party, 2006) dans son propre rôle... Mos Def n'est pas l'acteur qui joue le mieux, à mon sens, mais on lui demande de jouer un ingénu pas bien malin et il s'en sort plutôt bien...
Mais celui qui porte le film sur ses épaules, c'est le rôle de Jerry c'est à dire Jack Black, comme je l'ai dit il a été l'élève de Tim Robbins au théâtre, il s'est ensuite vu confier des petits rôles dans des superproduction telles que Demolition Man, Water World, Disjoncté (tiens avec jim Carey qui à joué pour Gondry dans Eternal Sunshine, quand je disais que le monde est petit...), il est aussi lead singer du groupe Tenacious D et on peut dire qu'il est extrêmement populaire en Amérique...
Quand on le voit, on se dit que sa tête vous dit quelque chose, obligatoirement, c'était un abonné des second rôles voire des troisièmes couteaux dans les grosses productions... Depuis quelques années, depuis l'amour extra large des frères Farelli (en 2002) et le Super nacho de Jared Hess en 2006, il est devenu un acteur de premier plan qu'on voit de plus en plus en rôle titre... Il faut dire ce qui est, son visage poupin et sa tête d'ado matiné de benny hill avec un peu de Michael Moore lui donnent une bonne gueule de nounours sympa mais en peu con, surtout dans le film qui nous occupe où il parvient à être un crétin imbu de sa personne et mégalo à merveille...
Pour ce qui est des second rôles, Gondry n'a pas franchement lésiné non plus, dans le rôle de Fletcher on à le plaisir de retrouvert Dany Glover (ils auraient du suéder l'arme fatale, les deux clampins...) , on peut aussi reconnaître Mia Farrow, l'ex de Woody Allen, dans le rôle de Mme Kimberley, la bonne femme de bonne famille qui loue le premier film "suédé" par les deux guignols...
Et dans un tout petit rôle de deux minutes, là il doit forçément s'agir d'un clin d'oeil puisqu'elle était à l'affiche de SOS FANTOMES, la grandissime Sigourney Weaver (alien en suédé ça aurait été pas mal non plus tiens...)
Au niveau de la musique, Gondry ne s'est pas foulé, il a repris celles des films qu'il suédait donc c'est pas un exploit en soi,
Pour lés décors pas très recherché non plus, le vidéoclub, la rue, l'autre vidéoclub, un train et puis les décors de carton pate des films remasterisés pas non deux génies de la connerie...
Par contre on se marre bien devant les bêtises de nos deux incompétents chroniques, et devant leur façon de traiter les chefs d'oeuvre anthologiques du cinéma, même des étudiants en littérature avec option audiovisuel une heure par semaine pourrait sans doute faire mieux... et puis les gros caïds de banlieue qui regardent le roi lion et trouvent ça attendrissant... Bon ok j'ai pas dit que le roi lion n'était pas attendrissant, mais là c'est des mecs genre s'ils ont pas la cassette qu'ils veulent à l'heure qu'ils veulent, ils pêtent tout dans le vidéoclub et en fait...
Au final, Soyez Sympas Rembobinez n'est pas le film du siècle mais permet de passer un très agréable moment en oubliant les vicissitudes d'une vie de bureau parfois quelque peu harassante, mon dieu que de turpitudes en ce bas monde... heu je m'égare un peu là... mes pensées divaguent sur les flots du n'importe quoi, je suis en train de suéder ma critique, ce n'est pas très professionnel mais bon...
Note Réalisation : 8/10
Note Scénario : 8/10
Note Acteurs : 9/10
Note Décors et Musique : 6/10
Note Humour : 9/10
Moyenne : 8/10
04 mars 2008
Bienvenue chez les Ch'tis
Philippe Abrams est cadre à la poste de Salons de Provence et il entend bien se faire muter ailleurs pour prendre un poste de directeur.
Pourquoi pas carrément la côte d'Azur...
C'est important pour lui car sa femme, Julie, à un caractère dépressif et ne se plait plus à Salons...
Alors il va tenter un stratagème pour se faire muter sur la côte, à Sanary Sur Mer, mais il est démasqué et comme sanction il se voit affecté à la poste de Bergues...
C'est où ça Bergues ???? Bergues c'est le Nord...
Là bas dans l'esprit de Philippe, de sa femme et de son fils, il fait - 30 en hiver et 1 en été, les doigts de pieds gêlent tellement qu'ils tombent, les gens sont des rustres qui parlent un langage incompréhensible le "cheutimi"... deux ans dans le Nord il ne pourra pas survivre et elle encore moins...
Sa femme décide de le laisser partir seul, elle espère qu'il ira bien, lui demande de bien fermer sa doudoune et de remonter son col comme s'il partait découvrir le pôle Nord...
Le pauvre Philippe à tellement peur d'arriver trop vite dans le nord qu'il commet un "excès de lenteur" et se fait arrêter par les gendarmes, ceux-ci appitoyés sur son sort le laissent repartir sans le verbaliser, "quand même être muté dans le Nord Pas de Calais c'est un pôvre gars"...
A peine franchi le panneau indiquant le département du Nord Pas de Calais, vrang un trombe d'eau s'abat sur sa voiture, il arrive quand même à Bergues grâce à son GPS et là il heurte un type qui gesticulait, cet homme c'est Antoine Bailleul, le facteur de Bergues, son employé qui va devenir son ami, Celui se relève et s'adresse à Philippe en ces termes "Bonchour M'sieur Abrams, ch'ai fait signe quand j'ai vu vot carrette mais n'mavez po vu, mais ch'ai rien ch'est pas grave"... Mon Dieu ! Pense alors Abrams, le pauvre gars s'est démis la machoire en tombant...
Puis il comprend qu'en fait Bailleul s'exprime en "cheutimi" et il se dit qu'il n'est pas au bout de ses peines, dans une région dont il ne parle pas la langue avec des individus étranges qui emportent les meubles et laissent un appartement de fonction totalement vide...
En fait, il va vite s'apercevoir qu' Antoine est un mec sympa, qui mange du maroilles trempé dans du café le matin et est amoureux d'une de ses collègues, il a aussi une mère très possessive...
Il va se rendre compte également que les Ch'tis sont des gens simples, très chaleureux et très ouverts et que finalement les deux années qu'il doit passer à Bergues ne vont sans doute pas être si terribles qu'il se les étaient imaginées... il va notamment connaître les joies de la baraque à frites
L'ennui c'est que quand il rentre à Salons de Provence le week end et qu'il raconte à sa femme que le Nord c'est pas plus mal qu'ailleurs, elle ne le croit pas, elle imagine qu'il dit ça pour la ménager mais qu'en fait il vit un enfer, il va donc rentrer dans son jeu...
"Bienvenue Chez les Ch'tis" est le deuxième long métrage du ch'ti Danny Boon qui a voulu ainsi nous montrer sa région et les gens qui l'habitent, les fameux ch'tis. On retrouve l'univers propre à Monsieur Boon, comme dans son précédent film 'La Maison du Bonheur", on ne s'ennuie pas une seconde... C'est superbement bien réalisé, très drôle, parfois très émouvant aussi et ça nous plonge au coeur de la vie des ch'tis, nous fait découvrir une région, un langage (le ch'timi), un univers.
Le scénario est excellent, travaillé, on se met vraiment à la place de Philippe Abrams, on comprend d'autant plus ses préjugés que la plupart d'entre nous avons les mêmes à l'égard des gens du nord ou d'ailleurs des gens de province quels qu'ils soient, le parisien moyen nous prend toujours pour des Péquenaud, des "Burish" comme on dit chez nous (chuis pas ch'ti, chuis Alsachien mais c'est le même barême, juste qu'on boit pas les même trucs mais dans certaines campagnes alsaciennes aussi les facteurs finissent rond comme des queues de pelle après leur tournée...) et puis ce n'est pas idiot d'avoir rajouté au voyage initiatique du personnage central deux histoires d'amour aussi compliquées l'une que l'autre... un accessit pour le personnage de la mère, tellement possessive et proche de son garçon de 35 ans qu'elle me rappelle presque la mienne c''est dire...
Au niveau des acteurs, evidemment Danny Boon est exceptionnel mais en même temps il est "à s'baraque" (pour reprendre le titre d'un de ses spectacles en ch'timi "a s'baraque et en ch'ti") c'est à dire chez lui donc il campe un personnage dont il est proche...
Celui qui est impressionant dans un rôle en demi teinte (sauf sur le vélo où là il prend une belle couleur rouge pivoine et met sa cravate sur la tête...) c'est Kad Merad... Depuis les choristes on savait déjà que c'était un excellent acteur et qu'il ne faisait pas toujours dans la gaudriole totale comme dans "qui à tué Pamela Rose" avec son complice Olivier... Là il s'élève au rang de star, il joue vraiment très bien un rôle presque sérieux (sauf au début du film, au milieu et vers la fin... mais sinon il est sérieux, hein, c'est un directeur tout ce qu'il y a de plus officiel... enfin il a un costume-cravate quoi !!!)
Troisième personnage très intéressant, celui de la mère de Dany Boon, jouée par Lyne Renaud. Elle aussi est du Nord, elle est d'Armentières, elle parle donc le ch'ti couramment. D'habitude, ce n'est pas une actrice que j'apprécie énormément, mais là il faut bien dire que son personnage, qu'elle interprête sublimement bien, est un des noeuds gordiens de l'intrigue (où si vous préférez c'est un personnage clé puisqu'elle est un peu le frein aux amours du personnage de Dany Boon)
Pour les seconds rôles, une pleïade d'acteurs, celà va de Zoé Félix (Julie Abrams), Anne Marivin (l'amour d'Antoine, Annabelle Deconninck), Stephane Freiss (Jean, le pote DRH de Philippe), Philippe Duquesne (c'est a dire le "Bruno Lochet" des Deschiens qui joue ici un des collègues d'Antoine, Fabrice Canoli), Guy Lecluise (la voix off de la 2, vu aussi dans "36 quai des Orfèvres" qui joue l'autre collègue, le ch'ti chauvin... Yann Vandernoot), Jérome Commandeur (dans le rôle de l'inspecteur qui démasque les magouilles de Philippe Abrams) Patrick Bosso (le flic qui arrête Philippe Abrams pour "excès de lenteur") en passant par Michel Galabru qui joue le grand oncle de Julie, celui qui va dire à Philippe que dans le nord pas de calais ils parlent le "cheutimi" et qu'il y fait moins 20 à moins 30 en hiver...
Pour la musique, on pourra même noter que Dany Boon parvient à faire jouer "I Just Call to say I love you" de Stewie Wonder au carillonneur de la sympathique ville de Bergues en faisant croire qu'il est lui même ce carillonneur, tout ca par amour pour son Annabelle, sinon on entend un peu de Brel, ce qui n'est pas illogique vu qu'il était belge... et quelques autre chansonnettes, notamment la version intégrale en ch'ti de "dors min ptit quinquin"...
Pour les décors, on à pu voir à la télévision que le film a vraiment été tourné à Bergues, le beffroi qu'on y voit est le vrai, de même que la baraque à frites est la vraie, mais ce n'est en pricipe pas Zinedine Soualem qui sert les frites... La maison dans laquelle habite la mère d'Antoine dans le film est également une vraie maison prêtée par un habitant du village...
Mais plus qu'une comédie bien réalisée et très drôle, "Bienvenue chez les ch'tis" est en train de devenir un véritable phénomène de mode, déjà 5 millions d'entrées à ce jour ... L'engouement rappelle un peu celui qui suivit "les visiteurs" où les "Okay" et les "dingue" fleurissaient à tout va dans les cours de récréation, aujourd'hui les gamins font "hein" essaye de parler en ch'ti et s'appellent entre eux "biloute" et quand on sait ce que ça veut dire, ça va loin...
Au final "Bienvenue Chez les Ch'tis" est sans doute la meilleure comédie de ce début d'année, je ne peux que le conseiller vivement à tout le monde pour passer un excellent moment.et comme ils dirait là bas : "A ch't'heure, chi t' veux vir in film quo qu'ch'est po du brun, biloute, y faudrot qu'ti va vir el film que m'sieur Boon à fait su' s'baraque, hein ! pis ti m'dira quoi"
Note Réalisochion : 9/10
Note Schénorio : 9/10
Note Octeurs : 10/10
Note Décors : 9/10
Note Humour : 10/10
Moyenne : 9.5/10
12 février 2008
Ca Se Soigne ?
Tom Bledish fait partie de ces gens qui m'exaspèrent car ils ont tout pour eux, il est chef d'orchestre, reconnu et même choisi pour diriger l'orchestre philharmonique de Paris. Il à une femme pilote de ligne qui va rentrer dans un programme spatial. Il est riche, adulé, encensé par ses pairs et même ses concurrents. Tout va donc très bien dans sa vie jusqu'au jour où... rien ne va plus... non il ne perd pas tout à la roulette, mais c'est tout comme, il déprime. Dans sa situation, quand on est sous le feu des projecteurs et que même le poste du ministre de la culture dépend de votre état de santé, cela pose un certains nombre de problèmes... Tout commence de façon banale, il observe une feu tricolore et il commence à arpenter le chemin de la dépression. Il va alors devenir pénible pour son entourage, à commencer par sa femme et son meilleur ami, (pas de bol pour ,le meilleur ami qui est aussi son imprésario) et commencer la ronde des médecins dont chacun est mieux, où se croit mieux que le précédent, ça commence toujours à peu près par "je ne voudrais pas dire du mal d'un confrère mais quand même conseiller du..." et chacun y va de son traitement avec plus ou moins de réussite, d'effets secondaires et de dérapages en tout genre... Tom va donc rester dans la spirale de la dépression et petit à petit il va voir sa vie changer et pas forcément en bien... Sa femme qui retrouve son ex, un millionnaire chef d'entreprise, ses amis qui évitent sa compagnie parce qu'il devient pénible et puis toujours la ronde des médécins, psychiatres, acuponcteurs, hypnotiseurs et autres charlatans, jusqu'au pris Nobel de Médécine quand même, qui font de la vie de Tom un calvaire et de celle de ses proches un enfer...
Ca se Soigne est une comédie française, franchouillarde même, réalisée par Laurent Chouchan, dont ce n'est que le deuxième long métrage (après "Vertiges de l'amour" en 2001) Le réalisateur n'est pourtant pas un débutant puisqu'il scénarise des séries comme "une nounou pas comme les autres" ou "navarro"... Oui, je sais, c'est pas du tout une preuve qu'il soit un bon scénariste. Par contre, il à collaboré à l'écriture du scénario de "Tanguy" ou de "la confiance règne" d'Etienne Chatillez. C'est déjà mieux, non ???
Ici, il retrace assez bien ce que doivent vivre les dépressifs et leur entourage, c'est un peu du "Tanguy" puisqu'il s'agit d'un emmerdeur, la différence c'est qu'ici l'emmerdeur était un type normal avant d'être un type chiant. C'est correctement réalisé sans plus mais sans moins et l'histoire est relativement crédible...
Comme je le disais plus haut, Chouchan c'est d'abord un scénariste, ici le scénario est correctement construit, ça va crescendo de la petite dépression passagère à la dépression qui dure des années et crée une sorte de typhon, sans parler de la succession de médecins en tout genre censés guérir sa dépression dans un temps record puisque Tom est censé diriger l'orchestre philharmonique de Paris pour un grand concert dans quelques semaines. Le fait d' avoir fait du personnage principal un chef d'orchestre de premier plan donne encore une autre dimension au film et lui rajoute même un certain suspense.
Passons au rayon acteurs, le premier rôle est tenu par un Thierry Lhermite qu'on avait perdu l'habitude de voir dans une grosse comédie et dans un rôle pareil depuis Les Bronzés 3". Il joue perfaitement bien son personnage et à des côtés plus énervants encore que quand il jouait Brochand dans le Diner de Cons de Weber. Il faut le voir vers le milieu du film avec sa barbe et ses cheveux longs en train de pisser dans le lavabo en se demandant ce qu'il à pour croire qu'il puisse aller aussi loin dans le comique, il est très loin de ses rôles de jeune premier du début...
A ses côtés, dans le rôle de sa femme, Julie Ferrier qui après s'être fait remarqué sur scène en 2005 dans son spectacle "aujourd'hui c'est ferrier" n'arrête plus de tourner pour le cinéma et décroche ici un de ses premiers grands rôles. Il faut dire ce qui est, elle joue très bien et il émane de son personnage une espèce de sérénité qui contraste avec la folie dépressive du personnage de Lhermite.
Pour ce qui est des seconds rôles, outre Stephen Freiss dans le rôle de l'ex amant de la femme du chef d'orchestre et Monsieur Michel Vuillermoz, de la comédie française, dans le rôle du mailleur ami imprésario qui s'arrache les cheveux à cause de Tom, on pourra noter Isabelle Gelinas (une des héroïnes de la série "fait pas ci-fait pas ça" qui passait sur France 2 cet été, on l'a aussi vue dans Paparazzi) et une courte apparition de Gérard Jugnot. On aperçoit aussi, dans le rôle du ministre de la culture, la critique de cinéma Elisabeth Quin et dans le rôle de son sous-fifre (secrétaire d'état à je ne sais pas quoi et de toute façon ça ne m'intéresse guère) François Xavier Demaison qui à le vent en poupe ces derniers temps.
Ce qui fait la force du film c'est de rendre drôle une situation qui pourrait être dramatique prise sous un autre angle. En effet ce que raconte le film, un important chef d'orchestre devient dépressif et ne peut plus travailler et de plus il entraîne son entourage dans la déprime, n'est pas franchement gai en soi. Pourtant, Chouchan en fait une excellente comédie, presque digne d'un Chatillez.
On rit donc beaucoup, certaines situations atteignant parfois les paroxysmes du n'importe quoi, Thierry Lhermite porte le film sur ses épaules et comme il est entouré d'une pléiade de très bons comédiens la mayonnaise prend et on passe vraiment un agréable moment, je le conseille donc.
Note Réalisation : 7/10
Note Scénario : 8/10
Note Décor : 7/10
Note Acteurs : 9/10
Note Humour : 9/10
Moyenne : 8/10
10 février 2008
Les Liens du Sang
Nous sommes en 1979 à Lyon, François est un jeune inspecteur plein d'avenir, un type bien quoi... Il tombe amoureux d'une femme, c'est la nana d'un mec qu'il à serré quelques temps plus tôt et qui se trouve toujours au ballon...
François a un frangin, Gabriel. Celui là serait plutôt de l'autre côté de la barrière, c'est un truand qui vient de purger 10 ans de placard parce qu'il avait buté un mec...
Les retrouvailles entre les deux frères sont franchement pas simples, chacun est obligé de faire des concessions, le truand parce que son frère est flic et le flic parce que son frangin est un gars du milieu.
Oh bien sûr Gabriel dit qu'il va se ranger des voitures et se racheter une conduite, il trouve un boulot de manutentionnaire dans un supermarché, il tombe amoureux d'une caissière et il essaie une autre vie... Seulement, quand tu connais l'argent facile, et que dessouder un bonhomme te pose pas un gros problème de conscience, quand t'as été un gangster, un mec à qui on mangeait dans la main, un vrai caïd, te retrouver en bas de l'échelle sociale et crécher chez ton frangin flic ça finit par plus te plaire alors, bon gré mal gré, tu finis par replonger et tu sais que t'es dans une impasse, pas d'échappatoire possible quand tu recommences les conneries...
Et quand t'es flic et que tu vois ton frère qui crevait la dalle, vivre tout à coup comme un milord, tu te dis qu'il a pas gagné au loto et tu espères que tu va pas être obligé de traquer ton propre frère, mais tu sais que t'auras pas le choix. Tu sais aussi que si l'ex de ta nana se montre vraiment dangereux tu pourra compter sur ton frangin pour lui refaire le portrait, et plus si affinités, donc tu fermes les yeux sur ses conneries... mais ta conscience de flic te travaille et tu te retrouves coincé entre l'amour fraternel et le sens du devoir...
Les liens du sang est un film de Jacques Maillot, réalisateur français que je ne connaissais pas encore mais qui me donne envie, avec ce film, de le connaitre mieux et de l'attendre au tournant pour ses prochains films. Bien que le rythme soit assez lent et que beaucoup de phases du film se déroulent presque au ralenti, il sait aussi parfois faire éclater une tête en plein écran... non, je reprends... faire éclater une scène d'action violente... Cela dit, ce n'est pas non plus un film qui tient en haleine de bout en bout, et par moment, on s'ennuie franchement, ce qui est dommage.
Le scénario est intelligemment construit, même s'il se rapproche un peu de celui de "La nuit nous appartient" de James Gray et n'arrive pas au à la semelle de la godasse de ce chef d'oeuvre du cinéma américain. Mais l'intention est louable et les dialogues sont parfois assez percutants, ça reste du film français à moyen budget et n'a pas le faste du film pré-cité, mais c'est agréable toutefois et l'on voit bien qu'il s'agit de l'adaptation d'un roman. Je crois même que s'il était sorti l'année dernière j'aurais pu dire qu'il s'agissait d'une idée assez innovante, mais là ce n'est pas le cas. On a, hélas, déjà fait mieux, voire beaucoup mieux, avec un scénario similaire... là aussi c'est dommage.
Au niveau des acteurs, les deux acteurs principaux éclipsant tous les autres, on ne parlera que d'eux... Dans le rôle de François, nous avons le plaisir de retrouver Guillaume Canet, et dans celui de Gabriel, François Cluzet. Il faut bien dire que le binôme marche à merveille entre les deux acteurs. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'ils jouent ensemble puisque dans le film de Canet, Césarisé à juste titre, "Ne le dis à personne" c'est Cluzet qui avait le rôle principal... Leur Tamdem est donc rodé.
Chacun campe son rôle à merveille et fait passer un moment agréable...
Au niveau de la musique, on entend un morceau des Rubettes à un moment dans le film ce qui ravira les fans, dont ma femme fait partie...
Le décor des années 70, les voitures et les fringues de la même époque sont bien reconstitués... Voir Cluzet cheveux longs et moustache ça ne choque qu'à moitié, ça lui donne un petit côté Mesrine, mais sans la stature de l'ennemi public n° 1 et sans sa taille parce que Cluzet...
Au final "Les liens du sang" est un bon polar français mais il manque cruellement d'ambition et d'originalité pour se démarquer et créer l'événement cinématographique, il ne laissera donc pas un souvenir impérissable. Il reste toutefois que le film est plaisant à regarder et nous replonge au coeur des années 70. Par ailleurs les acteurs jouent très bien mais avec des acteurs de ce niveau ce n'est pas une surprise.
Note Réalisation : 6/10
Note Scénario : 6/10
Note Décor : 8/10
Note Acteurs : 9/10
Note Suspense : 5/10
Moyenne : 7/10
04 février 2008
Chambre 1408
Mike Elsin est un écrivain d'horreur à succès. Depuis quelques temps, il se spécialise dans une sorte de "guide du routard de l'épouvante".
Il visite les maisons hantées et les note sur le plan du frisson (en squelettes).
Mike ne croit en rien, ni en dieu, ni au diable, ni aux fantômes, c'est un type parfaitement imbu de sa personne, ou du moins qui s'est créé cette image pour échapper à un lourd secret de son passé.
Un jour, il reçoit une carte du Dolphin Hotel avec simplement écrit au dos "n'entrez pas dans la chambre 1408".
Piqué au vif de sa curiosité, il se documente et apprend que la chambre 1408 du Dolphin a été le théatre de nombreuses morts inexpliquées, dont certaines excessivement violentes, et que des phénomènes paranormaux s'y déroulent...
Il n'en faut pas plus à Mike pour réserver la chambre 1408.
M. Olin, le directeur de l'hôtel, a beau le mettre en garde : "c'est le diable qui habite dans cette foutue chambre", il n'en a cure et pénêtre dans la chambre. A partir de ce moment, un compte à rebours s'égrenne, durant lequel Mike va être en proie à ses plus grandes peurs et va vivre un cauchemar sans pouvoir se réveiller...
Mikaël Halfstrom (déjà connu pour "dérapage" avec Jennifer Aniston, Clive Owen et un surprenant Vincent Cassel, en 2006) signe ici un thriller de bonne facture, correctement réalisé, et sachant distiller l'effroi à bon escient, ce qui en fait un film pour le coup vraiment terrifiant...
On est ici dans une adaptation de Stephen King et cela ce sent, le scénario allant crescendo au fur et à mesure que le film avance, on se prend à se demander si Mike n'a pas fait la plus grâve erreur de sa vie en pénétrant dans cette chambre et si l'issue est possible... Fantômes, apparitions, brusques changements de climat tout concorde à faire monter l'angoisse...
Contrairement à beaucoup de livres de Stephen King, la fin n'est pas catastrophiquement nulle, elle se contente d'être à peu près logique...
Etant donné que le but des décors de cette chambre est de donner l'illusion qu'il s'agit d'une vieille chambre de plus de 90 ans où la tapisserie n'a jamais été changée (on poserait combien de lés en 10 minutes ?) ce but est largement atteint, les décors de la chambre sont sordides, rien que la tapisserie à elle toute seule fait largement plus peur que l'ensemble des fantômes et des hallucinations réunis (y a guère qu'à ma mère que ca pourrait plaire, mais elle, c'est un cas...)
Celà dit c'est pas étonnant quand on sait que le ménage n'est fait que 10 minutes une fois par mois... Bon d'accord il y a des raisons à celà, c'est ce que le Directeur de l'hôtel explique à Mike et que je ne vous dévoilerai pas pour ne pas gâcher le suspens...
Les effets spéciaux sont bien faits et nous plongent au coeur de la terreur du pauvre Mike, dont on se dit que sa dernière heure vient de sonner, le souci majeur pour lui étant que cette heure pourrait bien durer une éternité...
Pendant cette heure, il va voir des fantômes, y compris les fantômes de son propre passé, des apparitions malsaines, sans parler des sensations étranges et des brusques changement de climat...
Au niveau des acteurs, on peut voir à l'affiche deux grands noms : Samuel L. Jackson tout d'abord. Il campe le directeur du fameux hôtel avec son talent habituel, tout en froideur et en retenue comme il sait si bien le faire. Cependant, il faut bien dire que c'est surtout John Cusack (Mike Enslin) qui porte le film sur ses épaules ; les trois quarts de ce film ne sont qu'un horrifiant huis clos entre lui et la chambre, car je ne crois pas éxagérer en prétendant que la chambre est un personnage, démoniaque sans aucun doute ; en fait, elle est l'ennemi, le cauchemar, l'enfer : elle parle par téléphone interposé, propose à Mike des solutions sympathiques pour se sortir de là, comme, par exemple, se pendre pour oublier tout ce qu'elle lui fait vivre...
Parmi les seconds rôles, les afficionados de la série "Monk" pourront remarquer la présence de leur héros dans le rôle de l'éditeur de Mike Enslin.
A noter également, dans le rôle de la femme de Mike, Mary Mac Cormack, vue dans de nombreuses séries comme "Urgences" mais également dans des films comme "K-Pax l'homme qui vient de loin" avec Kevin Spacey, lequel ne m'a pas laissé un souvenir impérissable... Là, je parle du film, pas de Kevin Spacey...
Celà dit, bien que nettement au dessus de la moyenne des productions classiques américaines dans le genre, ce thriller a des défauts...
Tout d'abord il n'évite pas certains clichés comme le coup classique du diable et du sang qui coule des murs (c'est très bien fait, celà dit) ou alors le mystère de la chambre 13... Oui, je sais c'est 1408 et pas 13 mais si vous additionnez 1+4+0+8 = 13 donc on retombe dans le travers d'une supperstition classique.
Ensuite, le début de l'histoire est un peu lent, évidemment c'est pour installer les personnages, mais tout de même, pendant près d'une demi heure, bref avant que Mike commence à s'intéresser à la chambre 1408, il ne se passe quasiment rien d'intéressant !
Enfin, et c'est là le plus gros écueil, personne ne nous explique pourquoi la chambre 1408 est hantée.
Pourquoi cette chambre est-elle le lieu de phénomènes paranormaux ?
D'où peut bien provenir cette formidable énergie négative qu'elle dégage ?
Personne ne nous explique ; on nous fait croire que c'est le nombre de morts qui a engendré l'ensemble des phénomènes ; d'accord mais dans ce cas, le premier pourquoi s'est-il suicidé ?
Visiblement, même le tout premier mort de la chambre a été la proie d'hallucinations néfastes, alors la question est de savoir POURQUOI ?
Le scénario ne l'explique pas, rien n'est précisé à ce sujet, c'est dommage...
La chambre 1408 n'en demeure pas moins un très bon film.
Un scénario bien construit, des acteurs excellents (Cusack en tête), une réalisation haletante, des décors bien faits et angoissants à souhait, donc je ne peux que le conseiller !
Note Réalisation : 8/10
Note Scénario : 8/10
Note Acteurs : 8/10 (avec un accessit pour Cusack qui porte le film)
Note Frissons : 8 squelettes /10
Note Décors et Costumes : 8/10
Moyenne : 8/10
02 février 2008
Hitman
L'Organisation (une société secrète qui recrute dès leur plus jeune âge des enfants errants pour en faire des machine à tuer, des Hitmen), des tueurs à gages surentrainés, un contrat sur la tête du président russe (non non c'est pas Poutine... celui qui à dit "dommage" finira au goulag attention!)... Les dirigeants de cette organisation envoient leur meilleur agent, l'agent 47, honorer ce contrat, seulement c'est un piège et 47 va devenir lui-même la cible de l'Organisation, du SRB et, tant qu'on y est, d'Interpol.
Ceux qui connaissent le jeu vidéo, dont le film est adapté par le réalisateur Xavier Gens, retrouveront tous les ingrédients : l'infiltration, le déguisement, et même la corde à piano, un peu de sexe (avec Olga Kurylenko qui joue une prostituée russe témoin du meurtre du président), beaucoup d'action... ça tire dans tout les sens à tout va, un peu de scénario (mais vraiment très peu pour que ça ne nuise pas au "pan pan boum boum" tout le temps) et des acteurs moyens, une réalisation dynamique (voire dynamite par moment) et on obtient un film d'action à peu près passable...
Hormis l'acteur principal, Timothy Olyphant, qui a à peu près autant de charisme qu'un patin à roulettes au pied de Bryan Joubert, ce film peut se targuer de la présence de bons acteurs (non, je ne parle pas de la prostituée, elle joue comme une passoire à soupe). Le fait qu'il s'agisse d'une production franco-américaine nous permet de voir un des acteurs de "Plus belle la vie" et... hein ? quoi ? J'ai dit bons acteurs ? Oui, c'est vrai... Bon, je reprends : on peut voir, dans le rôle du chef du SRB, Robert Knepper. D'accord, comme ça, le nom ne dit rien à Personne, mais si je vous dis Théodore Bagwell ou T-Bag... dans Prison Break... Ici, notre ami Knepper, avec sa tronche d'indescriptible salaud, joue... un indescriptible salaud ! Oui, je sais, c'est facile !
- Question : Est ce que Hitman est un bon film ? Réponse : Bon, je n'irai pas jusque là, c'est moyen.
- Question : Est-ce bien adapté ? Réponse : Je sais pas, j'ai pas le jeu !
Disons que Hitman est un film de divertissement pas trop lassant, pas trop mauvais, mais loin d'être excellent, avec des acteurs qui, hormis certains seconds rôles, sont relativement peu convaincants, et un réalisateur presque débutant, ça donne donc un arrière-goût d'inachevé. On aurait pu mieux faire, avec un scénario similaire du tueur à gages recherché par sa propre organisation. D'ailleurs, on a déjà fait mieux, voire largement mieux, dans le genre et c'est là que le bât blesse...
A part être adapté d'un jeu vidéo, ce qui est loin d'être une nouveauté, Hitman n'apporte strictement rien au film d'action et encore moins au cinéma, c'est toutefois un divertissement agréable dans la veine du "je me prends pas la tête avec un scénario, je vais juste voir un mec tirer dans le tas". Les adolescents de 16 à 18 ans et les jeunes adultes apprécieront sans doute, les autres euh... ben ce sera plus difficile, parce qu'on se croit quand même revenu à la grande époque où Gouvernator (Arnold Schwarzennegger donc) jouait dans des films comme "commando" dont, je le rappelle, le scénario grandiose était : "y a des méchants qui ont enlevé ma fille, je suis un gros militaire avec rien dans la tête et je vais tuer tout le monde" quelques répliques marrantes et hop on fait un film.
Hitman c'est pareil, sauf petite différence au niveau du scénario qui pourrait se résumer à : "je suis un méchant qui tue tout le monde mais les gens pour qui je bosse veulent me faire tuer. J'aime pas ça, donc je vais tous les tuer avant qu'ils me tuent" et quelques répliques navrantes.
Bref, si c'est loin d'être le film de l'année, même pas du début d'année, ca reste regardable et je ne vais pas dire que je n'ai pas aimé du tout, mais je reste sur une note largement mitigée. Hitman n'est pas une daube mais pas non plus un grand film.
Note Réalisation : 5/10
Note Scénario : 1/10
Note Acteurs : 4/10 (pour Knepper parce que sinon on serait à peine à 1)
Note Action : 5/10
Note Décors et Costumes : 5/10
Moyenne : 4/10
30 jours de nuit
Nous sommes dans une petite ville en Alaska, la prochaine nuit doit durer trente jours et chacun se prépare à affronter les rigueurs des journées sans soleil, 30 jours de nuit en continu et un clan de Vampires décident de faire de cette ville leur terrain de chasse, pendant trente jours les habitants vont être en proie à un épouvantable cauchemar....
Le shériff et quelques hommes vont alors organiser la survie et la lutte contre les créatures des ténèbres...
Sur le papier ça partait donc relativement bien, un groupe de vampires au mileu d'une ville dont la nuit dure trente jours adaptée d'un COMIC culte aux états unis avec comme tête d'affiche Josh Hartnett (excellent dans Slevin...) en plus de bonnes critiques presse et le fait que j'adore les films de vampires, je me suis donc dit "chouette ça va être bien, ça renouvelle le genre et en plus c'est un film de vampires" ça c'était avant le film parce qu'en toute honnêteté, après, c'était plutôt "non mais c'était quoi ce film d'horreur à deux balles ou à part du sang y a rien..."
Je ne parlerai même pas de la légende des vampires qui est complètement ridiculisée là dedans et j'attaquerai sur le scénario, alors oui l'idée des vampires dans une ville où la nuit dure trente jours n'est pas mauvaise à conditions qu'il y en ai deux ou trois là on en voit entre quinze et vingt ! Donc, je reprends quelles sont approximativement les chances d'une poignée d'humains contre vingt vampires surpuissants, indestructibles (sauf si on leur coupe la tête) et doués d'une force surhumaine en plus ? Proches de zéro. Et, quand en plus les vampires se déplacent quasiment sans bruit et sans se faire voir, et qu'ils bénéficient de trente jours entiers pour massacrer un village, vous imaginez que les chances de survie du moindre humain sont nulles...
Ah ben oui, mais ils ont une chance les humains : c'est que nos vampires, qu'on nous dépeint comme des véritables créatures de l'enfer qui parlent entre eux un idiome proche du transylvanien et qui ont des centaines d'années, sont fondamentalement idiots...
Quand l'un deux se fait attaquer, plutôt que de se ruer sur l'humain qui à tenté de s'en prendre à eux, ils attendent bêtement que l'humain partent se mettre à l'abri ! Si c'était des zombies, ca passerait encore, mais des vampires qui sont capables de voler sur de courtes distances, et que rien ne peut atteindre...
Donc le scénario est nul et pas crédible pour un rond.
Passons à la réalisation...
C'est pas franchement mieux : les combats sont filmés si vite qu'on ne voit rien et, comme je le disais plus haut, à part du sang toutes les 2 minutes en moyenne, il n'y a strictement rien à l'écran. Et voir du sang pendant une heure et demie avec des personnages consternants et des dialogues affligeants, ça lasse.
Si encore les effets spéciaux étaient bons, mais même pas !! On dirait un film des années 80, et encore, je suis généreux ! Tout à l'air bidon, et si on a pas franchement peur, on a par contre envie de se marrer en voyant les vampires... et je ne parle pas de la scène finale, dont je n'aurais même pas voulu dans une série de M6 du genre Buffy contre les vampires !!
Les décors sont moyens, les costumes des vampires et des humains sont aussi crédibles que le reste, c'est à dire pas une seconde...
Au niveau des acteurs, à part Josh Hartnett dont tout le monde, à commencer par lui-même, se demande ce qu'il fout là, rien à dire, du moins rien qui vale la peine d'être dit, et pourtant on en compte un nombre impressionnant ! Entre les cadavres et les vampires, ah oui, quelques survivants mais pas longtemps, tous jouent avec la conviction évidente qu'ils se sont trompés de film...
Conviction que d'ailleurs je partage après une demie-heure de projection, le sentiment confus de m'être trompé de salle ce soir là, mais je n'ai pas l'habitude de quitter une salle pendant la projection, généralement quand je m'ennuie ou que le film est nullissime je dors, manque de chance ce soir là je n'avais pas sommeil et j'ai donc du subir jusqu'au boût ! La fin étant consternante comme le reste, il y a une certaine cohérence.
Non seulement je ne le conseille pas, mais je ne conseille même pas d'aller le louer en DVD, passez votre chemin.
Note Réalisation : 2/10 parce que je suis généreux
Note Scénario : 0/10
Note Acteurs : 1/10
Note Frissons : 2/10
Note Décors et Costumes : 3/10
Moyenne : 1.5/10
30 janvier 2008
Je suis une légende
Au
milieu de nulle part, dans un désert qui fut New York, un homme
seul
subsiste et tente de survivre... Enfin non, il n'est pas tout à fait
seul, il a avec lui sa chienne, Samantha, un berger allemand qui semble
être son seul compagnon...
Cet homme se nomme Robert Neville, il
est imunisé (nul ne sait comment) contre un terrible virus mutant. Par
chance (!), c'est un savant de renom mondial, et lui seul peut
éradiquer le virus... Mais ceux qui furent humains sont là, dans
l'ombre, et guettent le moindre faux pas de celui qui est devenu le
seul espoir de l'humanité...
Dans
le rôle de Robert Neville, on retrouve Will Smith, et force est de dire
qu'il tient bien le personnage ; heureusement car sinon les deux tiers
du film, pendant lesquels il parle à sa chienne où à des mannequins de
cire, seraient très difficiles à supporter...
Nous
sommes ici dans un "Survival" (pour ceux qui ne savent pas ce que ce
mot désigne, il s'agit de films où un petit groupe tente d'échapper à
une terrible menace) seule différence notable, il n'y a qu'un survivant
humain contre une armée de monstres mi-humains, non sans rappeler les
zombies ou les contaminés de productions comme "28 jours plus tard"...
Cette
adaptation d'un roman culte de Richard Matheson aurait pu être une
oeuvre majeure de cinéma ; tous les ingrédients étaient réunis pour :
de bons acteurs (surtout le chien et les mannequins), des décors
sublimes d'un new york post apocalyptique plus que crédible, de
l'humour, une réalisation soignée, des effets spéciaux bien faits
mais... la mayonnaise ne prend pas...
Ce
qui m'ennuie c'est que, dans le roman de Matheson, les ennemis de
Neville étaient des Vampires, ou du moins ils en regroupaient la
plupart des caractéristiques et il s''agissait d'une sorte de Lutte à
mort entre d'un côté Neville, qui se voulait sauveur de ce qu'il
pouvait rester d'humanité, et de l'autre les Mutants, organisés en clan
et parfaitement réfléchis et qui, d'une certaine façon, avaient décidé
que Neville devait disparaître pour que puisse s'établir le règne de
leur espèce à eux, car ils se considéraient comme une évolution de
l'homme...
Si
on va plus loin dans l'analyse du scénario on s'aperçoit que là où
Matheson nous proposait une réfléxion sur la condition humaine, on a
dans le film de Lawrence qu'un ramassis de bons sentiments, sans réelle
logique, et un manichéisme lamentable.
Je
m'explique : dans le livre ce n'était pas juste "c'est Nevillle le
gentil et tous les autres les méchants" ! ça revient à dire que l'homme
est mieux que les animaux parce qu'il est Homme... et il est
complétement stupide de raisonner ainsi ! Les vampires, qui
s'assemblent en "famille", veulent survivre et prospérer, ils se
considèrent comme l'avenir de l'humanité puisqu'ils sont la nouvelle
humanité et donc, Neville est, quant à lui, le relief d'un passé... Il
n'est pas vraiment le "gentil" il est une créature qui tente de
survivre comme le font les autres selon la bonne vieille loi de la
jungle ; il devient même aussi animal que les vampires parfois (et
d'ailleurs il tente de les vaincre avec les bonnes vieilles méthodes
que Bram Stoker a donné dans Dracula : l'ail, le pieu dans le coeur,
etc...)
Sauf
que dans le film que Lawrence nous propose aujourd'hui on a "le pauvre
petit Neville tout seul" d'un côté contre "les vilains méchants mutants
dévoreurs de chair" de l'autre, donc Neville n'est plus juste une
créature humaine avec ses défauts et ses tares, mais le seul qui
réfléchit... et on a vraiment envie de le voir gagner, car il est le
seul et unique espoir de l'humanité ! C'est ce que l'on appelle
dénaturer totalement le propos d'une oeuvre que l'on adapte...
Et
puis il faut dire ce qui est : on s'ennuie souvent dans le film, passé
l'effet de surprise et la beauté des décors ! Un type tout seul qui
parle avec son chien et avec des mannequins de cire dans un video club
ça lasse un peu... Heureusement qu'au fil du film on nous explique le
pourquoi du comment de tout ce qui s'est produit...
Ce
qui est également embétant à mon sens c'est que dans ce film on ne sait
pas exactement où va le héros... Dans les autres "Survival", les héros
ont un parcours, ou au moins un but, un endroit où aller pour échapper
au danger, même si cet endroit est un pub et si le principal plan des
héros et de boire une bière avec quelques cacachuètes (référence à
Shawn of The Dead, une comédie romantique avec des zombies pour ceux
qui n'avaient pas compris) mais ici il va où Will Smith ? Il fait quoi
? Il rate des expériences, OK, il diffuse des messages à la radio pour
dire qu'il est là, passons... Mais après, il reste planqué toutes les
nuits avec son fusil pour éviter les méchants monstres, c'est bien...
Pour
le jeu des acteurs, je l'ai déjà dit plus haut le chien et les
mannequins jouent très bien, les monstres grognent parfaitement et Will
Smith sait bien jouer au golf... ça limite la casse donc !
Au
final "Je suis une légende" est un divertissement sympathique dans la
lignée des "Survival" pas trop ennuyeux, pas très crédible et pas trop
cohérent non plus, bref un film qui ne restera pas dans la légende du
cinéma...
Note Réalisation : 4/10
Note Scénario : 2/10
Note Acteurs : 3/10
Note Frissons : 2/10
Note Décors et Costumes : 6/10
Moyenne : 3,5/10
28 janvier 2008
No Country For Old Men
A la frontière entre le texas et le mexique, les trafiquants de drogue font la loi, les règlements de compte sanglants ne sont pas rares. Alors, lorsque Llewelyn Moss se retrouve au milieu d'un tas de cadavres ensanglantés, il ne sait pas ce qui s'est passé, il se contente d'agir en bon opportuniste, il ramasse quelques armes et une sacoche...
Dans la sacoche se trouvent la bagatelle de 2 000 000 de dollars en liquide, bonne affaire pour lui...
Au même moment ou presque, Anton Chigurh s'évade de prison en tuant son gardien. Il récupère une arme à air comprimé dont on se servait pour tuer le bétail dans les abattoirs et commence sa croisade de la mort.
Chigurh est ce qu'il convient d'appeler un psychopathe, c'est aussi un redoutable tueur à gages engagé par les mexicains pour récupérer le pognon de la transaction, le fric que notre ami Llewelyn a pris...
Ce qui à de bien avec Anton Chigurh (prononcer Chigueur) c'est qu'il ne fait pas exactement dans le détail et son parcours va donc s'émailler d'un certain nombre de morts. De temps en temps, comme il est complètement fou et qu'il aime bien jouer avec les nerfs de ses victimes, il leur propose une partie de pile ou face pour leur laisser une chance...
De son côté, le shériff Bell mène l'enquête. Il vieillit et il a comme une tendance à être désabusé, las de tout et de tout le monde, pas misanthrope mais fatigué par les frasques de ses contemporains, il songe à prendre sa retraite, il va se promener au milieu du carnage et tenter d'y voir clair ...
Dernier film en date des frères Cohen, "No Country for old men" est une réussite à mon sens.
La réalisation tient en haleine, au point que parfois on se demande comment fait Chigurh pour être aussi vite là où personne ne l'attend. Excellente idée scénaristique en passant de prendre comme arme principale une bouteille d'air comprimé relié à un pistolet pour tuer les boeufs ca donne une puissance terrible. Ca donne aussi la mesure de la folie de Chigurh qui semble être le vrai "héros" de l'histoire.
Pour le scénario, les frères Cohen se sont intéressés à un roman de Cormac McCarthy afin de passer de la comédie, leur genre de prédilection (Inoubliable et Culte "The Big Lebowsky) pour passer au thriller neo western où... ils excellent.
Au niveau des acteurs, on commencera par le toujours génial Tommy Lee Jones dans le rôle du shériff, presque un second rôle tant celui d'Anton Chigurh est important.
Bell est un vieil homme, proche de la retraite hanté par ses fantômes et par sa femme Loretta qui à tout du dragon...
Dans le rôle du tueur, Javier Bardem mérite largement le golden globe du tueur le plus cinglé et du regard le plus inquiètant qu'on ait jamais vu au cinéma. Au point que ce rôle pourrait sans doute relancer la carrière de l'acteur du Jambon Jambon d'Almodovar qui selon moi n'avait pas encore été exploité jusqu'ici dans la pleine mesure de son talent, la façon dont il campe Chigurh mérite à elle seule 20/20.
Pour ce qui est de Llewelyn Moss (quel nom !!!), les frères Cohen ont fait appel à Josh Brolin dont la plupart des gens ont oublié qu'il avait été le grand frère dans le film Goonies écrit par Spielberg (1985 d'accord il avait 17 ans mais quand même). Plus récemment, on à pu le voir au côté de Russel Crowe et Denzel Washington dans American Gangster. Ici il campe correctement son rôle d'aventurier, pseudo héros de l'histoire.
Enfin, au niveau des second rôles, on peut également apercevoir Woody Harrelson dans le rôle d'un mercenaire qui doit traquer Chigurh... Malheureusement on ne le voit pas très longtemps dans le film... Pour ceux qui ont tout oublié, Woody Harrelson c'est le héros de Tueurs Nés mais aussi de Larry Flint de Milos Forman dont l'affiche fit scandale...
S'agissant des décors, ils sont corrects, je ne m'y connais pas trop en décors de désert texan donc je ne pourrais pas dire si le nombre de cactus est le bon.
Note importante, il n'y a pas de bande originale, pas la moindre musique ce qui contribue à rendre l'atmosphère du film pesante, au niveau des bruitages, les tirs au fusil à pompe à silencieux sont très bien rendus et au niveau des effets spéciaux le sang est bien rouge, on le voit d'ailleurs assez souvent dans le film.
Car ce film est un film violent, fort, choc, en fait il devrait être interdit au moins de 16 ans, moins de 12 ans c'est pas assez quand on voit l'autre fou tuer un mec toutes les dix minutes, et encore... Le film avait à peine commencé depuis 5 minutes montre en main Chigurh avait déjà buté un gardien de prison (en l'étranglant avec ses menottes) et un pauvre type dont il voulait le véhicule, donc c'est assez violent.
Mais au delà de la violence, ce qui est très fort c'est tous les faux semblants et les non-dits du film...
Bien sûr c'est fait exprès, si on ne comprend pas cet aspect des choses on ne peut pas comprendre certains passages du film et en particulier la fin qui peut laisser sur sa faim...
Au final, No Country for old Men est un excellent film que je recommande mais avec un titre bougrement mal traduit car ça n'a rien à voir avec "Non ce Pays n'est pas pour le vieil homme" mais plutôt "ce n'est pas un pays pour vivre vieux" surtout si on croise Anton, vraiment Javier Bardem mérite d'autres rôles du même type et je pense sincèrement que son rôle dans ce film va passer comme rôle culte s'il ne rend pas le film lui même culte. A noter qu'il a obtenu pour ce film le golden globe et l'oscar du meilleur second rôle.
Note Réalisation : 9/10
Note Scénario : 9/10
Note Décor : 8.5/10
Note Acteurs : 9.5/10 (10/10 même pour Javier Bardem)
Note Suspense : 9/10
Moyenne : 9/10
26 janvier 2008
Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
Il était une fois, dans le Londres du 19ème Siècle, un barbier et sa femme. Elle était belle, trop belle... Elle attira la convoitise de l'infâme juge Turpin... Le Barbier s'appelait Benjamin Barker. Avec sa femme, il avait eu une petite fille du nom de Jo-haaa-naaaa (lire plus bas pour comprendre l'ortographe) , elle aussi attira la convoitise de Turpin. Alors, le juge résolut de faire la femme du barbier sienne... Il la viola... il fit condamner le barbier à l'exil et au bagne. La jeune femme s'empoisonna et disparut, laissant la petite Johanna sous la tutelle de Turpin qui en fit sa pupille.
Quinze années passèrent et le barbier s'évada. En lui avait monté un désir de vengeance, une foile meurtrière. Pour lui, Londres n'était plus que sanie et vermine.
Benjamin Barker était mort depuis longtemps, il était devenu Sweeney Todd.
En arrivant à Fleet Street, son ancien quartier, là où se trouvait son échoppe, il fit la connaissance de Miss Lovlett, qui se vantait de préparer les pires tourtes de tout Londres. Pas de viande pour mettre dedans... Fleet Street était un quartier pauvre...
Miss Lovlett était amoureuse de Benjamin Barker... Elle lui avait même caché ses instruments de travail, sept magnifiques rasoirs à manche d'argent...
Sweeney savait que ces rasoirs allaient être son meilleur moyen de se venger de Turpin et de ses alliés, comme ce porc de Bailli Banford...
Un fanfaron que cet Adolfo Pirelli, le roi des barbiers et le barbier des rois. Sweeney le ridiculise en public, seulement le fanfaron connaissait Benjamin Barker, il sait que Sweeney Todd n'est autre que Barker, il représente donc une menace qu'il faut éliminer... reste à se débarasser du corps...
Miss Lovlett a une idée, pourquoi ne pas le mixer et en faire de la viande pour ses tourtes...
L'idée semble excellente à Sweeney Todd, il va se mettre à tuer des gens pour que Miss Lovlett en fasse des tourtes et ainsi vivre, ou plutôt survivre dans la sanie de Londres. Mais son esprit reste hanté par un sentiment de Vengeance et puis bien sûr par Johanna, Où est elle ? Que fait-elle ?
Un jour, Turpin vient dans sa boutique, le voilà si près de sa vengeance, si près de prendre la vie de celui qui a détruit la sienne...
Sweeney Todd est le dernier film du grand Tim Burton. Je dis "du grand Tim Burton" parce que, à part la Planète des Singes qui fut un ratage complet, à mon sens, comme beaucoup de film de commande, Burton est un grand réalisateur qui sait créer une ambiance spéciale dans ses films...
Et c'est le cas ici. Le Londres que Burton dépeint est terrifiant de crasse, monstrueux autant que les gens qui l'habitent. On y retrouve à peu près la même ambiance que dans Sleepy Hollow, un des chefs d'oeuvre de Burton, la réalisation est haletante et sanglante à souhait. Burton ne nous épargne pas les gorges tranchées en gros plan, ce film est donc à reserver à un public averti.
Le scénario est assez original. En tout cas c'est une excellente idée de Burton de nous avoir plongé dans l'univers torturé de Sweeney Todd, c'est bien construit, intelligent, bref c'est du bon Burton...
Au niveau des acteurs, Tim Burton a demandé à son égérie masculine (je sais que ça se dit pas mais j'use ici de licence poètique et ceux qui ne sont pas contents peuvent très bien aller se faire voir, ça ne me dérange pas du tout), Johnny Depp, d'endosser le rôle principal. Comme c'est un excellent acteur et qu'il n'est jamais plus juste que quand il joue dans un film de Burton, car il existe une sorte de Synergie entre les deux hommes, on a droit de sa part à une excellente prestation. Cela dit on a l'habitude avec lui, il est réellement habité par son personnage, au point que parfois son regard parvient a être aussi inquiètant que s'il était vraiment un abominable tueur en série...
La prestation de Helena Bonham Carter (que l'on à pu voir entre autres dans "Fight Club" de David FIncher en 1999) dans le rôle de la diabolique Miss Lovlett, tentatrice et mailgne conseillère, âme damnée de Sweeney Todd, n'est pas mal non plus. A noter que Sondheim (l'auteur de la comédie musicale) a exigé de l'auditer lui-même avant qu'elle ait le rôle et bien qu'il l'aie entendu chanter il lui a donné, il doit sûrement être sourd, je vois pas d'autre explication, par contre quand elle chante pas elle joue très bien.
Pour le "grand méchant" donc le juge, on retrouve Alan Rickman qui est devenu incontournable depuis son rôle de Severus Rogue dans la Saga Harry Potter. D'ailleurs, puisqu'on en est à Harry Potter, l'interprête du Bailli Banford, à savoir Timothy Spall, émane de la même Saga, c'est lui qui interprêtait le rat ou Peter Petitgrew, il se complait d'ailleurs fort bien dans les rôles de rat mesquin, le Bailli ne faillit pas à cette tradition...
Je passerai sur le reste des acteurs, à une exception près, car au niveau des acteurs secondaires, le fabuleux Adolfo Pirelli, première victime de Sweeney Todd, est joué par Sacha Baron Cohen que beaucoup connaissent mieux sous les apparences de Ali-G et plus Récemment de Borat (cf le film "Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan")
Sweeney Todd est l'adaptation d'une comédie musicale de Stephen Sondheim de la fin des années 70 (1979 exactement), comédie musicale elle-même adaptée d'une pièce datant du milieu du 19è siècle, on est donc dans l'adaptation d'une adaptation. En plus de ça, la base de l'adaptation est une légende qui a déjà été adaptée par plein de monde à commencer par Charles Dickens, donc c'est dire si Sondheim attendait Burton au tournant. Et figurez-vous que Sondheim fut satisfait de l'adaptation de sa comédie musicale...
Oui, mais qui dit comédie musicale dit "chansons", et effectivement, on chante dans Sweeney Todd... tout le temps... avec plus ou moins de bonheur. si on ne peut pas dire que Depp chante excessivement mal, la voix d'Helena Bonham Carter est parfois difficile à supporter, Rickman n'en parlons pas, et puis il y a ce que j'appellerais "la rengaine Jo-haaaa-naaaa" où l'amoureux transi de la fille de Sweeney Todd cherchant sa dulcinée hurle dans les rues "I feeeeeeeeeeeel youuuu, jo-haaaaaaaaaaaaa-naaaa" etc. et ce, plusieurs fois dans le film ce qui n'est pas sans être parfois pénible.
Il faudrait donc, si notre cher Tim veut continuer dans le genre "comédie musicale" qu'il caste un peu mieux ses acteurs et évite les voix criardes qui donnent mal aux oreilles car c'est dommage que parfois, on soit obligé de se boucher les oreilles pour arrêter le massacre auditif... heureusement il reste le massacre visuel pour se consoler...
Au final, "Sweeney Todd, l'abominable Barbier de Fleet Street" (titre exact) est un bon film, dans la lignée des meilleurs de Burton. Il eut sans doute été encore meilleur sans le côté comédie musicale ou si les acteurs secondaires avaient su chanter, ce n'est pas le cas et c'est bien dommage. Vraiment le "jo-haaaa-naaa" me reste en travers de la gorge...
Je vous le conseille tout de même vivement. Avec une bonne paire de bouchons d'oreilles et en se contentant de lire les sous-titres pendant les passages "Jo-haaaa- naaaa" c'est excellent.
Note Réalisation : 8/10
Note Scénario : 9/10
Note Décors : 9/10
Note Acteurs : 8/10
Note Chansons : 5/10
Moyenne : 8/10
